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Des vendanges à Saint-Denis ??? Allons, allons, vous plaisantez ??

Et bien non, jusque dans les années 80, ce fut bien une réalité dans notre commune comme d’ailleurs dans toute la Bresse où les fermes vivaient le plus possible en autarcie.
Presque chaque exploitation agricole cultivait, entretenait et vendangeait quelques treilles qui produisaient le vin pour la consommation annuelle de la famille avec des temps forts lors des gros travaux qui faisaient appel à beaucoup de main-d’œuvre.

Une treille dans le jardin de la cure

Et il n’y avait pas que les fermes à posséder de la vigne ; ainsi, à Saint-Denis, le curé Meunier en avait planté partout dans le jardin et le parc de la cure.

Les treilles étaient installées soit en façades des corps de ferme où elles couraient le long des murs, soit en pleine terre, généralement en bordure de parcelle.
Souvent elles étaient plantées sur les bords surélevés d’un fossé qui limitait deux propriétés et qu’on nommait, en patois, un « baragnon ».

Le vin produit était donc un vin de « baragnon » et comme il était peu titré, autour de 8°, qu’il était souvent rude en bouche, le terme « vin de baragnon » a vite été employé pour désigner un vin de piètre qualité.

N’empêche, il a abreuvé des générations de paysans bressans.

Les plants étaient souvent du Noah et de l’Oberlin, quasiment disparus de nos jours. le Noah a été interdit de replantation car jugé dangereux pour la santé par des scientifiques certainement « émérites ».

Encore des treilles en 2019

Aujourd’hui des treilles témoignent encore de cette époque : deux sont visibles en bordure du chemin de Chalandré et deux autres au chemin du Portail.


La corbeilleLes vendanges étaient un temps fort de l’année et en septembre chaque ferme vendangeait. Les grappes de raisin étaient coupées et transportées dans des corbeilles. Ces corbeilles en osier étaient produites sur la ferme et tressées pendant les veillées en hiver.

Le raisin était écrasé à l’aide d’un fouloir, recueilli dans une cuve ou un cuveau.
Les enfants profitaient de cette étape où ils pouvaient boire ce bon « vin nouveau » qui était du pur jus de raisin, sans alcool et sans produits chimiques.
Mais gare !! il ne fallait pas en boire trop car l’excès de cette boisson obligeait souvent les garnements à …poser culotte… à toute vitesse !!

Puis au bout de quelques jours, le raisin ayant fermenté, le vin était soutiré pour être transvasé dans les futailles de bois.

Du caquillon au demi muid

Il y en avait de toutes contenances ; les plus utilisées étaient la pièce (environ 220 litres), suivie de la feuillette (110 litres), puis du caquillon (55 litres). Une ou deux fermes possédaient un demi muid (double de la pièce) ; aucune ne possédait de muid (double du demi muid).

Le pressoirL’opération de soutirage se terminait par la pressée de la grappe du fond de la cuve qui se faisait au moyen d’un pressoir, le jus recueilli complétait le remplissage des tonneaux.
La grappe était ensuite conservée à l’abri de l’air dans un tonneau bouché par de la glaise afin d’assurer l’étanchéité.
Pendant l’hiver, la grappe était distillée dans un alambic ; ainsi, chaque ferme produisait-elle son eau de vie, la fameuse gnole, offerte aux visiteurs et à la fin du repas aux invités.
A Saint-Denis, il n’y avait pas d’alambic, la distillation se faisait dans des alambics fixes soit à Buellas, soit à Montracol, soit dans d’autres villages.

 

Article de Jacques Nallet