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En novembre 1865, l’ouverture de la classe d'adultes était portée à la connaissance des 946 habitants de la commune, par des publications et des affiches. L'esprit de cet enseignement ne s'est pas borné aux simples éléments de l'instruction. Denis Girod , instituteur installé à Saint-Denis depuis 1852, s'est efforcé de communiquer aux 63 adultes inscrits à ces cours du soir des connaissances utiles à leurs tâches quotidiennes et à la conduite de leurs « affaires ».

Ces grands élèves, cultivateurs à des degrés divers, ont goûté aux plaisirs culturels, entre deux occupations culturales. Tous les adultes savaient lire à peu près couramment. Les exercices de lecture s’appuyaient sur une manière expressive et intelligible.

« L'étude et l'instruction procurent incontestablement plus de bonheur, de ce bonheur véritable et bien senti, que les joies mondaines et trop matérielles qui nous envahissent »,

professait déjà Denis Girod devant ses élèves.

Les avantages de cette classe étaient partagés par l'abbé Dubois, curé de la paroisse de 1859 à 1873, successeur de l'abbé Gorini (1847-1859 à Saint-Denis). Chaque matière enseignée avait d'ailleurs son côté moral et religieux, ordre de leçons cependant dispensé avec une certaine réserve. Les cours s'achevaient avec la prière du soir, sans livre de catéchisme, de crainte de créer un sentiment d'humiliation.

Deux cours hebdomadaires

Les méthodes pratiques de culture des champs, l'hygiène rurale étaient des sujets intéressants. Aussi, tout le monde prenait soin d'assister aux deux cours hebdomadaires, fréquence limitée à la demande du conseil municipal : une assiduité conciliable où, en Bresse, les occupations à la veillée retiennent 3 ou 4 fois par semaine. Satisfaire aux premières nécessités de l’agriculture locale : que l'ouvrage se fasse quoi que le maître puisse dire en faveur de l’instruction des jeunes gens : 47 élèves avaient moins de 25 ans.

La classe d'adultes était une initiative encouragée par la commune, laquelle renouvelait, l'année suivante, ses crédits pour le chauffage et l'éclairage à l'instituteur, afin qu'il reçoive gratuitement les chefs de famille, fermiers ou propriétaires, et domestiques. Le sixième de la population suivait les cours, incluant les 90 inscrits à la classe du jour.

« ll faut bien aller en classe, on y apprend toutes sortes de bonnes choses, pouvait-on entendre dans les conversations ».

Instruire des enfants ou des adultes ne relève pas de la même méthode. Aux premiers, les éléments ordinaires de l’instruction sont suivies d'interrogations, voire de répétitions. La différence de méthode pour les aînés était la clé de cet engouement à ce programme postscolaire.

Pas de livres, mais le tableau noir pour enseigner les règles principales de notre langue. La grammaire avait rapport au bon langage agricole et horticole: Les causeries autour de sujets utiles aux agriculteurs étaient une manière attrayante de formation.

La médiathèque municipale dispose d’un fonds de plus de 800 ouvrages, dont beaucoup du XIXe siècle traitant de morale, d’agriculture, d’hygiène... certainement issus de la première bibliothèque créée par Denis Girod. Le plus ancien, « Voyage du jeune Anarchasis en Grèce », date de 1789.

Article de Jean-Paul Thouny